« Mireille Keïta Gilgien – Présidente de l’association SAF »

 

J’ai voulu créer ce festival Yelen – qui signifie lumière en bambara – afin de faire découvrir ma culture à la population du Nord vaudois et également pour faciliter le bien vivre ensemble. C’est un petit héritage qu’il me tient à cœur de laisser à mes enfants issus de deux cultures ainsi qu’à tous les autres enfants. Au Mali, on nous apprend très tôt à connaître nos cultures à travers les contes et l’artisanat. Petite, j’étais émerveillée par la richesse de ma culture et surtout par l’histoire de mon nom de famille : Keïta. Mon père profitait de chaque repas pour nous en parler. Son visage s’illuminait, il était fier de nous transmettre notre culture pour qu’à notre tour, nous puissions être fiers de qui nous sommes. Cela faisait partie de notre éducation. Si j’ai pu m’adapter ici et faire mon chemin de vie c’est grâce à cela. Je me sens bien avec moi-même. Pouvoir connaître sa culture, c’est une chance incroyable de se tisser un chemin et des lignes de conduite dans l’acceptation de l’autre et dans le respect.

Cette année, nous allons faire un mélange de cultures.

En créant pendant le festival une journée Badegna pour accueillir des classes. Badegna signifie « liens ». Créer des liens entre les élèves et leur culture et en même temps leur permettre d’en connaître une autre.

Et par la même occasion, cela permettra de récolter de l’argent pour venir en aide à des familles démunies au Mali en payant des soins à leurs enfants.

Cela en les impliquant dans le projet tout en leur redonnant de la dignité. Car l’association apporte l’aide logistique. Et le reste, c’est les familles qui l’apportent.

C’est pourquoi nous avons offert un terrain dans le village de Sissina sur lequel deux puits ont été construits afin de permettre aux femmes de créer leur propre jardin potager.

Une partie des légumes récoltés va pour leur consommation et la deuxième partie est destinée à la vente. L’argent de la vente est placé sur un compte et en est retiré lorsqu’il est nécessaire pour soigner un enfant malade dans le village.

C’est dans la même optique que Yelen a vu le jour. À travers le fruit de notre travail, nous récoltons de l’argent pour nos projets au Mali.

L’argent récolté pendant le festival 2017 nous a permis d’aider à la construction d’un dispensaire à Sissina.

Les villageois, très fiers, ont voulu participer activement en organisant des jours de travail dans chaque famille. Le chef du village a offert un terrain pour la construction du dispensaire en plein milieu du village.

En les impliquant dans la construction de ce nouveau dispensaire, nous avons été bien surpris de voir la rapidité et l’enthousiasme dont ont fait preuve les villageois afin d’achever rapidement la construction. Le dispensaire est actuellement terminé.

Cette folie, je n’aurais jamais pu la mettre sur pied sans l’aide incroyable de mon mari et de mes enfants. Et sans les membres de mon association, Sophie Schopfer Quinche, Sabine Glauser, Mélanie Schneider, Marie Poncet Schmid, Katia Cochet, Marie-Noëlle Delessert, Namuli Pernet, Nathalie Tharin, Lorraine Spertini, Edith Pinella, Michèle Montes, Marie Mattei, Claire Valderrama, Isabelle I, Montes Philippe, qui n’ont pas hésité une seconde à me suivre dans cette folle aventure.

Ce projet n’aurait pas non plus vu le jour sans mes amis musiciens et artisans qui viennent du Mali, du Burkina, du Niger, de France et de Suisse pour soutenir le projet en montrant l’étendue de leur culture sans rien attendre au retour.

Venez illuminer vos cœurs les 14, 15 et 16 septembre à Baulmes au festival Yelen.

Le partage et la solidarité, l’amour, le sourire, l’art, la musique, les masques, les contes, les marionnettes géantes du Mali, les cors des Alpes vous transporteront durant 3 jours dans un autre monde de l’acceptation des uns et des autres, qu’importent l’origine et la couleur.

Je tenais personnellement à remercier tous ceux qui oeuvrent pour que ce festival continue de vivre, Namuli Pernet, Mélanie Schneider, Jessica Garcia Galati, Alexandre Dupras.

Merci aussi aux nombreux bénévoles, à nos généreux donateurs, aux entreprises de la région, le journal La Région, la commune de Baulmes, au canton de Vaud, et à Omnibus, le journal de la région d’Orbe.

Je terminerai par les Montes Philippe et Michèle pour tout ce temps accordé avec le sourire. J’ai vraiment passé un très bon moment de partage avec vous à travailler sur cette édition 2018. Merci !

Il a fallu du courage pour continuer, nous avons la chance d’avoir l’énergie des enfants que nous avons aidés auparavant et le soutien de leurs familles qui nous portent et nous encouragent à continuer pour d’autres, à ne pas baisser les bras. Car la vie ne tient qu’à un fil, tout peut basculer et quand on la chance de faire quelque chose, c’est mieux de le faire et non de le remettre à plus tard, car personne ne sait de quoi sera fait demain.

Aider c’est un don, et ce don est donné à tout le monde.

Mireille Keïta